Compte-rendu de la soirée à thème du 19/05 : Comment parler de l’actualité aux enfants ?

Le mardi 19 mai dernier à St Pierre d’Allevard, une cinquantaine de personnes ont pu assister à une conférence sur le thème « L’enfant et l’image d’actualité : comment parler de l’actualité aux enfants ».
Cette soirée était organisée à l’initiative du conseil local des parents d’élève de St Pierre d’Allevard. Le thème s’est imposé à la suite des attentats de janvier dernier à Paris, et malheureusement l’actualité récente qui a suivi n’a pu que conforter ce choix.
Comment parler d’actualité à nos enfants ? Face à des nouvelles, des images qui nous bouleversent, comment réagir alors qu’ils sont présents ? Devons nous les éloigner d’images ou de nouvelles dramatiques pour éviter de générer une angoisse excessive à leur age ? Faut il au contraire en parler, voir regarder ces images afin que l’enfant ne fantasme pas dessus ? Que vont-ils se dire à l’école ? Y’a-t-il un age pour regarder le journal télévisé ?
Après un temps d’échange avec les enseignants des écoles de St Pierre (maternelle et élémentaire) sur la façon dont les évènements de janvier avaient été abordés en classe; Sylvie COUVAL, chargée de mission Education Nationale pour l'association Ecole de la Paix de Grenoble, a pu apporter son éclairage.
La première partie de la conférence a été consacrée au développement de l’enfant en lien avec l’utilisation des écrans. En moyenne, les 4-14 ans passent 2h15 par jour devant la télé, en sachant que le temps devant l’ordinateur, la tablette ou la console n’est pas inclus !. L’abus d’écran pourrait être à l’origine d’une baisse de la créativité des enfants (dessins moins élaborés notamment), d’un langage plus pauvre, et de difficultés d’attention et de concentration (habitude du « zapping »). La télé dès le matin en particulier ne permet pas à l’enfant d’évacuer la charge émotionnelle avant la classe et cela pourrait nuire à la matinée d’apprentissage. De même, l’utilisation des écrans le soir (que ce soit télé, portable, console etc) réduit la production de mélatonine par le corps et a donc une influence négative sur la quantité et la qualité du sommeil.
Dans une deuxième partie, Sylvie Couval a expliqué la classification de Serge Tisseron sur les images violentes. Selon lui ; les enfants sont concernés surtout par deux formes d’images violentes sur les écrans :
  • celles qui agissent en réveillant les traumatismes passés de l’enfant
  • celles qui bousculent leur repères (quand l’enfant ne comprend pas ce qu’il voit, mais continue de regarder, ou quand les images qui peuvent amener à confondre la réalité et le monde virtuel de la télé ou du jeu)
Il est important de souligner que la télé allumée en permanence « en bruit de fond » dans la maison peut entraîner la visualisation d’images non appropriées par les enfants sans que les parents s’en rendent forcément compte…
Après avoir été exposés à des images violentes, des manifestations pathologiques plus ou moins prononcées peuvent apparaître chez l’enfant: troubles somatiques (maux de tête, de ventre, fatigue) angoisse, crise de panique, troubles du sommeil, cauchemars, difficultés de concentration ou instabilité psychomotrice etc.
Supprimer la télé n’est pas une solution mais parents et enseignants doivent s’engager dans une véritable éducation à l’image, avec un accompagnement de l’enfant lors de la visualisation, en particulier pour les plus petits.
En ce qui concerne les images d’actualité proprement dites, il ne paraît pas souhaitable que les moins de 6 ans soient soumis à ces images, et pour les plus grands, un accompagnement est nécessaire. Cela permet d’aider l’enfant à développer son sens critique, lui expliquer que chacun peut avoir une opinion différente, interpréter des faits objectifs de différentes manières. On peut aussi le sensibiliser à la liberté d’expression qui existe en France, tout en lui expliquant qu’il existe des lois qui régulent cette liberté : sanctions en cas d’insultes racistes, sexistes, antisémites etc.
En guise de conclusion, il est toujours utile de rappeler la classification « 3-6-9-12 » pour l’accès aux écrans selon l’âge ; à savoir :
  • pas de télé avant 3 ans
  • pas de console de jeu avant 6 ans
  • pas d’Internet avant 9 ans
  • pas de réseaux sociaux avant 12 ans

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